Depuis 2022, Microsoft a réduit la place d’Access dans ses offres cloud, tout en maintenant un support minimal sur les versions de bureau. Certains clients institutionnels découvrent tardivement que de nouvelles fonctionnalités ne sont plus déployées sur cette solution historique.
Des limitations techniques persistent, notamment sur la gestion multi-utilisateurs et la compatibilité avec les environnements modernes. Plusieurs directions informatiques anticipent des difficultés d’intégration et d’évolutivité à partir de 2025, ce qui alimente l’intérêt croissant pour des alternatives gratuites et des plateformes plus ouvertes.
Microsoft Access en 2025 : entre héritage et incertitudes
Microsoft Access, longtemps resté le partenaire discret de la gestion des données en entreprise, conserve sa place dans l’offre Microsoft Office. On le retrouve dans Office 2021 Professional Plus, Office 2024 Professional Plus mais aussi dans certaines formules de Microsoft 365. Un détail qui change tout : Access demeure réservé aux utilisateurs de windows. Sur Linux ou macOS, inutile d’espérer une version native ; la porte reste fermée, et rien n’annonce d’évolution sur ce point.
La feuille de route de Microsoft est sans ambiguïté : Access ne disparaîtra pas avant 2029. Les éditions perpétuelles telles que Office 2024 Professional Plus continueront à recevoir un support officiel jusqu’en octobre 2029. Une garantie qui rassure les DSI soucieux de stabilité, mais qui soulève aussi des questions sur la place réelle d’Access alors que Microsoft 365 et le cloud imposent leur dynamique.
La montée en puissance des offres d’abonnement pousse à la mutation de l’écosystème. Microsoft 365 s’affiche comme la nouvelle colonne vertébrale, remplaçant la suite Office d’antan :
- Word
- Excel
- PowerPoint
- Teams
- OneDrive
- et, parfois, Access
Mais la présence d’Access dans ces abonnements n’a rien de systématique. Seules certaines formules l’incluent, ce qui brouille la compréhension de l’offre pour les entreprises.
Le choix, entre licences perpétuelles et solutions cloud, façonne la stratégie informatique des organisations. La licence Office Professional Plus offre la continuité sans contrainte d’abonnement. En face, le cloud séduit par sa promesse d’agilité et d’intégration. Mais une question se pose, sans réponse universelle : comment garantir la valeur des données microsoft access dans un environnement où les règles changent au gré des décisions de l’éditeur ?
Quels sont les risques et limites à anticiper pour les utilisateurs ?
La migration vers des outils cloud ou open source, poussée par la dynamique du marché, réserve son lot de difficultés pour les utilisateurs de microsoft access. Restreint à windows, sans passerelle native vers linux ou macOS, il impose une barrière technique majeure. Dans les organisations où plusieurs systèmes cohabitent, la portabilité des fichiers access se transforme vite en casse-tête et rend les processus d’intégration laborieux.
L’architecture même d’Access montre ses limites face aux besoins actuels de scalabilité et de collaboration. Conçu à l’origine pour un usage individuel ou de petits groupes, le logiciel éprouve des difficultés à soutenir des applications web modernes ou des bases de données volumineuses. Les évolutions restent freinées : peu d’intégration fluide avec les systèmes distribués, automatisation limitée, gestion des droits peu avancée.
La sécurité et la conformité réglementaire montent en première ligne. Les exigences du RGPD ou de la LPD suisse imposent une traçabilité et une robustesse de traitement que le format Access ne garantit pas toujours. Les équipes informatiques doivent se préparer à plusieurs scénarios :
- risque de non-conformité dans la gestion des données personnelles,
- vulnérabilité accrue en cas de faille ou de perte de fichiers,
- plus de mises à jour majeures après 2029,
- maintenance de plus en plus complexe pour les applications développées sur Access.
Cet attachement à microsoft access se transforme vite en défi stratégique. Mieux vaut repérer les points de friction maintenant, avant qu’ils ne bloquent toute évolution du système d’information.
Des alternatives gratuites à la loupe : que valent-elles vraiment ?
LibreOffice Base tient la corde chez celles et ceux qui veulent tourner la page d’microsoft access sans sacrifier la souplesse. Fonctionnant aussi bien sur windows, macOS que linux, il permet de bâtir des bases relationnelles, d’éditer graphiquement des tables et de se connecter à des moteurs externes tels que mysql, mariadb ou postgresql. L’interface évoque Access, mais la compatibilité n’est jamais totale : macros et formulaires sophistiqués réclament souvent des adaptations.
Kexi, intégré à calligra office, mise sur la simplicité. Son approche, très accessible, plaît aux développeurs et aux utilisateurs avancés. Il sait se connecter à des bases mysql, mariadb ou sql server. Même s’il affiche une maturité moindre que LibreOffice Base, il s’avère efficace pour de petites applications métiers ou des prototypes rapides.
Symphytum propose une alternative minimaliste : gestion de fiches personnalisées, synchronisation sur plusieurs plateformes, pas de langage de requête complexe. Idéal pour des collections de données modestes, il atteint vite ses limites dès que les usages se complexifient.
Pour les utilisateurs attachés à la robustesse du schéma relationnel, Glom, bâti autour de postgresql, offre une solution solide. Mais sa prise en main, plus exigeante, le destine surtout aux professionnels de la donnée.
Voici un aperçu des alternatives gratuites les plus citées pour remplacer Access :
- LibreOffice Base : polyvalent, compatible avec de nombreux systèmes, soutenu par une large communauté.
- Kexi : rapide à prendre en main pour des prototypes, bien intégré à d’autres outils open source.
- Symphytum : simplicité d’utilisation, idéal pour des données personnelles.
- Glom : sécurité et structure, mais configuration plus complexe.
Face à ces logiciels, les solutions cloud comme google workspace, zoho workplace, ksuite ou onlyoffice séduisent par leurs fonctions collaboratives et leur compatibilité multiplateforme. Les alternatives gratuites font valoir leur ouverture, mais peinent encore à offrir l’intégration poussée d’Access dans l’écosystème microsoft.
Modernisation et intégration : comment les outils évoluent pour répondre aux nouveaux besoins
Le paysage de la gestion de données n’a jamais autant bougé. Microsoft ne limite plus ses efforts à Access : le groupe concentre ses innovations sur la Power Platform. Power Apps, fer de lance de cette stratégie, permet de concevoir rapidement des applications connectées, adaptées aux usages web et mobiles. Dataverse joue le rôle de passerelle : il facilite la migration et l’exploitation des données Access dans le cloud, tout en assurant leur intégration avec Teams ou Azure.
Les professionnels recherchent désormais des solutions alliant sécurité, conformité réglementaire (RGPD, LPD suisse) et expérience collaborative. Sur ce terrain, Microsoft 365 impose son modèle, en combinant stockage, partage et automatisation. Pourtant, la migration d’applications Access vers la Power Platform s’accompagne de défis : chaque macro, chaque formulaire doit souvent être repensé pour exploiter pleinement les nouveaux environnements.
L’accès distant se professionnalise, avec une offre de virtualisation et de prise en main à distance de plus en plus riche. Des outils comme TSplus Remote Access, Citrix, VMware Horizon ou Parallels RAS garantissent une expérience fluide, même en dehors de l’écosystème windows. Des alternatives open source telles qu’Apache Guacamole ou RustDesk se démarquent, portées par leur souplesse et leur sécurité renforcée.
Le marché trace désormais une ligne nette : d’un côté, les solutions historiques, centrées sur l’ordinateur individuel ; de l’autre, des plateformes collaboratives, interopérables, taillées pour la mobilité et le cloud. Les services informatiques sont à la croisée des chemins. Prendre le pari de la modernisation ou s’ancrer dans l’héritage ? Le vrai choix se niche dans cette tension entre continuité et transformation.


